Merci pour les nombreux retours que vous me faites au sujet de mon roman, « Le mariage indissoluble ».
Je constate que certains n’ont pas dépassé le premier degré de l’histoire racontée, c’est-à-dire celui de la relation entre Braonan et Fabiana, mais aussi celui du rapport que le personnage principal entretient avec la foi, la religion et les traditions. D’autres n’ont pas perçu que cette histoire avait aussi pour ambition de montrer les effets de la sidération que connaît un homme mis sous emprise d’un couple mère et fille à la féminité toxique, dans une société où la souffrance masculine n’est pas reconnue. L’homme souffrant n’est pas considéré comme une victime, mais comme un faible. Il n’y a pas de parité homme/femme en ce domaine.
Plus important est le second degré qui caractérise ce texte par lequel l’auteur a poussé jusqu’à l’extrême la logique du mariage dit « indissoluble », parfois jusqu’aux limites de l’absurde. En effet, ce roman est a prendre comme une parabole. Au-delà de l’histoire tourmentée de Braonan et de Fabiana, il faut percevoir l’histoire plus ésotérique que Braonan entretient avec son âme. Au second degré de la parabole, Fabiana n’est plus la compagne de chair de Braonan, mais son âme qu’il découvre tout au long d’un voyage initiatique, qui, comme celui d’Ulysse dans l’Odyssée, le confronte aux nombreux dangers intérieurs qui menacent son intégrité spirituelle. Lorsqu’Ulysse rencontre les Sirènes, il faut comprendre qu’il est confronté à ses illusions; lorsqu’il rencontre Circé, il l’est à ses pulsions viriles, et ainsi de suite. Il faut donc s’élever au niveau du psycho-spirituel pour comprendre « Le mariage indissoluble ».
Sur le fond, l’histoire est celle du lien entre Dieu et l’âme humaine.
Ce livre entre dans la catégorie des romans à l’accès parfois difficiles pour un lecteur que désoriente des innovations qui se manifestent autant sur la forme que dans le fond.
Il est donc bien de le relire une seconde fois pour en saisir toute la subtilité.